L’alimentation chez les femmes E3N

Voici les résultats des premières analyses des données du questionnaire alimentaire qui ont porté sur trois facteurs de variabilité alimentaire déterminants : la région d'habitation, la consommation d'alcool et le statut tabagique.

9 régions alimentaires, 2 grands modèles

L'analyse statistique de près de 73 000 dossiers a révélé 9 grands groupes ou "régions alimentaires" : Nord, Nord-est, région parisienne, Est, Nord-ouest, Centre-est, Centre-ouest, Sud-ouest, Méditerranée.

38 aliments les différencient, sur ou sous-consommés, selon la région, par rapport à la moyenne nationale. Ces aliments apparaissent essentiellement liés à l'environnement. Dans les régions situées au Nord, la tendance est à consommer davantage de produits énergétiques tels que pommes de terre, chocolat, sucre, pâtisserie. Dans les régions du Sud, l'alimentation fait part belle aux fruits et légumes. En région parisienne, sauf pour les viandes, le vin et le fromage blanc, les consommations sont proches des moyennes nationales, ce qui peut s'expliquer par l'absence de terroir et le caractère multirégional de ses habitants.

Les boissons alcoolisées sont caractéristiques des régions d'origine : vin au Sud et au Sud-ouest, cidre au Nord-ouest, bière au Nord et au Nord-est. Les régions du centre de la France ont une consommation inférieure à la moyenne quelle que soit la boisson alcoolisée, alors que la région parisienne est en surconsommation.

Parallèlement, 2 grands modèles alimentaires se dessinent : l'un, plus riche en végétaux et produits laitiers, l'autre, plutôt caractérisé par une consommation riche en pommes de terre, acides gras, sucre et alcool.

La relation alcool-alimentation

araignee alcool alimentationLa consommation d'alcool influence le comportement alimentaire. Nous avons relevé 39 aliments qui caractérisent une alimentation significativement différente entre consommatrices et non consommatrices d'alcool. Parmi ceux-ci, la charcuterie, les fruits de mer, la soupe, les volailles et le lapin, le mouton, les fruits, le café et l'huile d'olive. La consommation de sucre et de crudités ne s'avère pas discriminante.

Globalement, l'augmentation de la consommation d'alcool s'associe à une augmentation de l'apport en lipides ainsi qu'à un apport calorique important, même lorsqu'on exclut les calories apportées par l'alcool. Ainsi, plus la consommation d'alcool est élevée, plus les consommations d'œufs, viandes, poissons, fromage, café et huile d'olive sont élevées, au détriment des végétaux et produits laitiers tels que yaourts, fromages blancs ou lait.

Les grandes consommatrices d'alcool tout comme les abstinentes montrent une égale tendance à consommer moins de sucreries, produits laitiers gras, pommes de terre et légumes secs que la moyenne.

La consommation d'alcool induit une consommation plus importante de produits riches en acides gras, rétinol et fer. En revanche, elle entraîne une moindre consommation de végétaux. Enfin, il existe une corrélation forte entre alcool et tabac : plus on consomme de l'un, plus on consomme de l'autre.

La consommation modérée d'alcool, en particulier de vin, associée à une alimentation riche en fruits, légumes, lipides d'origine végétale, glucides complexes, et pauvre en graisses animales et glucides simples, semble diminuer le risque de maladies cardio-vasculaires.

Toutefois de nombreuses études ont montré que l'alcool est un facteur de risque de développement de certains cancers.

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Le rapport tabac–alimentation

araignee tabac alimentation

La consommation de tabac influence le comportement alimentaire. Là, les différences portent sur 26 aliments. Les plus discriminants sont le café, le vin, la soupe, la bière et les fruits. Les non-fumeuses se caractérisent par une alimentation riche en fruits, légumes, féculents, produits sucrés et produits laitiers. Les fumeuses privilégient le café, les abats, la charcuterie, les fruits de mer, les œufs et l'alcool.

Globalement, plus la consommation de tabac est importante, plus les proportions de lipides et protéines sont élevées dans l'alimentation et plus la proportion de glucides diminue.

Les préférences alimentaires des consommatrices d'alcool et des fumeuses sont relativement proches : consommations faibles de féculents, fruits et légumes et consommations plus fortes de viande et de café.

La proximité alimentaire des femmes n'ayant jamais fumé et de celles qui ont arrêté montre que le régime alimentaire est fortement lié à la consommation de tabac. En effet, l'arrêt du tabac se traduit par une modification des préférences alimentaires.

Outre la relation tabac – cancer du poumon que de nombreuses études ont montrée, l'usage du tabac, en influant sur certaines consommations alimentaires pourrait concourir à une vulnérabilisation des voies aéro-digestives et du système cardio-vasculaire.