L'influence du régime méditerranéen sur le taux de mortalité des personnes âgées

fruitsL'aspect bénéfique pour la santé du régime de type méditerranéen traditionnel est déjà connu. Une étude EPIC s'est attachée à identifier si l'adhésion à ce type de régime pouvait influer sur la longévité des personnes âgées européennes, groupe de population dont l'effectif est en forte augmentation.

Le régime méditerranéen

Le régime méditerranéen est caractérisé par une forte consommation de légumes, légumes secs, fruits, produits céréaliers de préférence non raffinés (pain, pâtes, riz, etc.), une consommation modérée ou forte de poisson, un apport faible en acides gras saturés mais élevé en acides gras insaturés provenant particulièrement de l'huile d'olive, une consommation modérée de produits laitiers (fromage ou yaourt), une consommation faible de viande, et un apport modeste d'éthanol (alcool) provenant principalement du vin.

L'étude EPIC

Plusieurs études ont été menées pour identifier des facteurs de longévité, en particulier dans l'alimentation. L'intérêt du régime méditerranéen est admis, son lien avec de nombreuses maladies chroniques ayant été démontré. La relation avec la mortalité globale (c'est-à-dire toutes causes confondues) a été étudiée chez les participants âgés des pays inclus dans l'étude EPIC, excepté la Norvège dont la cohorte était trop jeune. Ce sont ainsi 74 607 hommes et femmes de 60 ans ou plus, indemnes de maladie coronarienne, congestion cérébrale ou cancer à l'inclusion, dont la consommation alimentaire a été évaluée à partir de questionnaires. Après une période de suivi moyen de 7 ans environ, 4 047 décès sont survenus, dont la plupart au Royaume-Uni, en Suède et au Danemark en raison de la grande taille des cohortes et de leur moyenne d'âge plus élevée.

Dans cette étude, différents groupes d'aliments et de nutriments ont été pris en compte : les pommes de terre, légumes, légumes secs, fruits, produits laitiers, céréales, viandes, poissons et produits de la mer, œufs, lipides (acides gras mono-insaturés, poly-insaturés, saturés), sucre et sucreries, et boissons non-alcoolisées. La consommation quotidienne de chacun de ces groupes (en grammes) et l'apport énergétique total ont été estimés pour chaque participant.

Une espérance de vie augmentée

Une échelle a été conçue pour indiquer le degré d'adhésion au régime méditerranéen, en attribuant une valeur inverse aux aliments selon qu'ils sont présumés bénéfiques (fruits, légumes...) ou délétères (viande, sucre, alcool...). Le score le plus bas correspond à une adhésion minimale et le plus élevé à une adhésion maximale.

Les résultats de l'étude ont montré que plus le score est élevé, plus la longévité augmente. Une augmentation du score de 2 points correspond à une réduction de mortalité de 8 %. Cela signifie que si l'on s'attend à observer en moyenne 20 décès en un an parmi 1 000 hommes âgés de 70 à 74 ans et ayant un score de 5, un score de 7 permettrait de réduire la mortalité à 18,4 décès en moyenne. Les résultats les plus marqués ont été obtenus en Grèce et en Espagne, deux pays où le régime méditerranéen y est plus "authentique".

De nombreux autres facteurs ont été pris en compte pour en éliminer l'effet "parasite" : l'activité physique, le statut socio-économique par exemple mais aussi bien sûr le sexe, l'âge et le tabac.

En conclusion, l'adhésion à une alimentation qui se compose essentiellement de produits de la terre (fruits, légumes, céréales), de poisson, d'alcool en quantité modérée et de lipides insaturés (apportés plutôt par l'huile d'olive que par la viande, la charcuterie ou les produits laitiers) est particulièrement recommandée aux personnes âgées, population vulnérable en augmentation en Europe.

Pour en savoir plus, cliquez ici : icone pdf