Maladies inflammatoires de l’intestin : attention pas trop de viande !

IntestinUne étude dans la cohorte E3N s'est penchée sur l'effet de l'alimentation dans l'apparition des maladies inflammatoires de l'intestin. Résultat ? Gare aux excès de viande !

Les données recueillies entre 1993 et 1995 sur les habitudes alimentaires de 67 581 participantes à l'étude ont permis d'établir qu'une consommation élevée de protéines animales, plus particulièrement de viande, multipliait par 3,3 le risque de développer une maladie inflammatoire de l'intestin (maladie de Crohn ou rectocolite ulcéro-hémorragique). 77 femmes de la cohorte ont d'ailleurs présenté une telle maladie au cours du suivi.

Un résultat original, car très peu d'études se sont intéressées aux relations entre ces maladies et l'alimentation. Les seules données disponibles provenaient d'études cas-témoin, qui interrogent les sujets lorsqu'ils sont déjà malades, avec d'importants risques de biais (en particulier parce qu'ils ont pu modifier leur alimentation du fait de leur maladie).

Explications

D'un point de vue biologique, il est tout à fait plausible que les protéines présentes dans la viande rouge puissent avoir un effet délétère sur l'intestin. Il a, en effet, déjà été montré qu'une augmentation de la consommation de ces protéines peut conduire à la formation par la flore intestinale colique de produits de dégradation comme des substances ammoniaquées et du sulfite d'hydrogène, toxiques pour le côlon. D'autres mécanismes peuvent aussi être suspectés, tels que l'effet de la viande rouge sur la dysbiose (déséquilibre de la flore intestinale) ou sur la réponse inflammatoire.

Dans la cohorte E3N, comme souvent dans les pays occidentaux, les niveaux de consommation de protéines animales sont élevés, au-dessus des quantités recommandées, ce qui permet de suggérer que limiter ses apports aux doses recommandées pourrait réduire l'incidence de ces maladies contraignantes.

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