Le tabac passif favorise le cancer du sein

Le tabac, même passif, augmente le risque de cancer du sein. Le tabac passif ? C'est le fait d'être exposée par son entourage, familial, professionnel, ou autre, à la fumée de cigarettes.

Étude E3N - EPIC

Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont combiné les données d'E3N à celles de cinq autres pays : Allemagne, Danemark, Italie, Norvège et Pays-Bas. Une cohorte de près de 200 000 femmes a ainsi pu être constituée, la plus importante au monde à ce jour sur le sujet. Parmi elles, plus de 6 500 ont développé un cancer du sein. Le tabac n'était pas étranger à l'apparition de la maladie.

Par rapport aux femmes qui n'avaient jamais fumé, ni été exposées au tabac passif, les fumeuses (anciennes et actuelles) avaient un risque augmenté de 15 %. Pour les femmes exposées au tabac passif, le risque était accru de 11 %. Ce résultat n'a pas surpris les chercheurs : certaines molécules présentes dans la fumée de tabac sont connues pour être cancérigènes. Elles pourraient ainsi traverser facilement les poumons et parvenir, via les vaisseaux sanguins, jusqu'aux seins.

Le tabagisme passif

Jusqu'à présent, peu de travaux avaient pris en compte le tabac passif. De nombreuses études ont ainsi pu sous-estimer l'impact du tabac sur le cancer du sein, les fumeuses passives ayant été intégrées dans le groupe des non-fumeuses. Il est paradoxal que l'exposition active ou passive au tabac conduise à des augmentations de risque similaires, mais dans le groupe des non-fumeuses servant de référence pour les estimations du risque relatif lié au tabac actif, il y a vraisemblablement beaucoup de femmes également exposées au tabac passif.

D'autres arguments biologiques pourraient également expliquer ces résultats. Les adduits de l'ADN (résultats de la combinaison avec une molécule d'ADN) seraient présents en plus grande quantité chez les sujets exposés au tabac passif que chez les fumeurs ; il pourrait exister un polymorphisme génétique qui interviendrait seulement avec des doses faibles ; l'effet anti-œstrogénique du tabac s'exercerait seulement à des doses élevées (donc seulement chez les fumeuses actives) ; enfin, la fumée passive serait plus nocive, une combustion incomplète générant plus de cancérogènes.

Fumer, un peu, beaucoup, passionnément

C'est une tendance nette sur les cinquante dernières années : les femmes fument de plus en plus et de plus en plus tôt. Or, commencer la cigarette entre 16 et 26 ans, ou avant une première grossesse, augmente le risque de cancer du sein de 22 %. Fumer plus de 15 cigarettes par jour l'accroît de 27 %, pendant plus de 30 ans de 21 %.

Le tabac, délétère même après la ménopause

L'étude montre aussi que le tabac a un impact plus faible sur le cancer du sein après la ménopause qu'avant. Mais après la ménopause, l'augmentation du risque est toujours là ! Ainsi, pour les femmes ménopausées qui fument depuis plus de 10 ans et consomment plus de 15 cigarettes par jour, le risque de développer un cancer du sein est augmenté de 30 %. L'équipe E3N espère que : « ces résultats encouragent les femmes à arrêter de fumer, mais surtout, les jeunes, à ne jamais commencer ».