Les facteurs protecteurs ou délétères du diabète

L'équipe E3N a cherché à évaluer les effets protecteurs ou délétères de divers facteurs sur le diabète. Le point sur ces dernières études.

Jusqu'à présent, peu d´études se sont intéressées à l´impact des modifications du poids corporel tout au long de la vie sur la survenue du diabète à l'âge adulte. Les chercheurs ont analysé les données recueillies entre 1990 et 2007 auprès de 91 453 femmes de la cohorte E3N : poids et taille à différentes périodes, poids de naissance et silhouette corporelle à différents âges de la vie.

Faible poids de naissance : enfant à surveiller...

Cela fait longtemps que l´association entre le surpoids, l´obésité et le diabète est connue. En particulier lorsque ce surpoids survient au cours de l'adolescence ou tôt dans la vie adulte. Depuis peu, les études ont montré qu'un faible poids de naissance est souvent associé à la survenue d´un diabète ou d´une intolérance au glucose à l´âge adulte. Explication avancée : les phases de carence alimentaire durant la période fœtale perturbent le développement et la maturation des cellules bêta secrétant l'insuline, d'où quelques problèmes dès que la nourriture redevient abondante...

L'équipe E3N a montré dans une étude portant sur plus de 2 500 cas de diabète que le "rattrapage" du poids au début de la vie adulte est probablement un facteur de risque important dans la survenue du diabète à l'âge adulte. Conclusion : les jeunes femmes qui ont été des nouveau-nés, des enfants ou même des adolescentes plutôt maigres, doivent être particulièrement vigilantes à ne pas prendre trop de poids !

Pour en savoir plus, cliquez ici : icone pdf

Hormones protectrices

Chez la femme, il semble que l'intolérance au glucose et la résistance à l'insuline augmentent avec l'âge, mais il n'est pas encore certain que la ménopause module cette augmentation. Ce constat suggère néanmoins l'intérêt éventuel d'un traitement hormonal de la ménopause. D'autant qu'une étude américaine menée sur près de 3 000 femmes a déjà montré en 2003 qu'un traitement hormonal de la ménopause diminuait de 35 % le risque de développer un diabète.

Pour évaluer cet effet, des chercheurs de l'équipe E3N ont suivi les quelques 63 624 femmes ménopausées de la cohorte, de 1992 à 2007, afin de comparer l'effet de plusieurs traitements hormonaux de la ménopause, de formulation et de voie d'administration différentes. L'équipe a ainsi pu établir que de tels traitements, quelle que soit leur formulation, mais surtout lorsqu'ils sont pris par voie orale, étaient bien associés à une diminution du risque de survenue du diabète après la ménopause. Et ce, indépendamment des variations de l'indice de masse corporelle, donc quelle que soit l'attention portée au contrôle du poids !

Pour en savoir plus, cliquez ici : icone pdf

Le café, un antidiabétique mystérieux

La consommation de thé, de café et de chicorée de 69 532 femmes de la cohorte E3N a été étudiée. Sur les 59 222 buveuses de café de l'étude, 61 % buvaient du café au petit déjeuner, 37 % le matin, 71 % au déjeuner, 24 % dans l'après-midi, 15 % au dîner et 6 % le soir.

La conclusion des chercheurs confirme les résultats de la majeure partie des études antérieures sur le sujet, puisqu'elle montre une diminution du risque de diabète associée à la consommation de café. L'effet protecteur le plus marqué est retrouvé chez les buveuses de café du midi, montrant que le moment où le café était consommé dans la journée jouait un rôle déterminant dans le métabolisme. Pour l'équipe E3N, le café du midi exercerait donc un rôle protecteur... D'où vient-il ? De la caféine ? Sans doute pas uniquement car l'effet était très similaire, que le café soit décaféiné ou non. Cela suggère l'implication d'autres composés contenus dans le café : magnésium, lignanes, acides chlorogéniques... et de mécanismes qu'il reste à découvrir !

Un dernier point : peu importe que le café soit filtre ou expresso, sucré ou non... Une association à confirmer cependant ! En revanche, rien du côté des consommatrices de thé ou de chicorée, qui ne présentent pas de variation particulière du risque de diabète.

Pour en savoir plus, cliquez ici : icone pdf