Hormones et mélanome

grain beauteIl existerait un lien entre l'âge de la puberté et le risque de mélanome, les femmes dont l'exposition aux hormones ovariennes est réduite auraient un risque plus faible de mélanome.

Des taches brunes sur le visage, une ligne foncée et verticale sur le ventre. Au cours de leurs grossesses, certaines femmes voient leur peau se colorer. Ces manifestations passagères sont liées à l'action des hormones ovariennes (œstrogène et progestérone) sur les mélanocytes, les cellules qui contiennent les pigments qui donnent la couleur bronzée à la peau. Ces cellules sont aussi le lieu de naissance des mélanomes.

Cancers de la peau les moins répandus mais les plus graves, les mélanomes se manifestent généralement par une petite tache pigmentée sur la peau saine ou par la modification d'un grain de beauté préexistant. Dans les pays occidentaux, leur nombre ne fait qu'augmenter. Chaque année, environ 1 500 personnes en meurent en France, soit deux fois plus qu'il y a 20 ans.

Facteurs de risque des mélanomes

L'exposition excessive au soleil est le facteur de risque principal : il expliquerait deux tiers des cas. Il existe aussi des facteurs génétiques. Les personnes à « phototype clair » (yeux bleus, peau claire, cheveux blonds ou roux) sont par exemple plus sujettes à développer un mélanome. Les chercheurs de l'équipe E3N ont pris en compte ces différentes causes lors de l'analyse de la cohorte E3N, dans laquelle 460 cas de mélanome ont été diagnostiqués entre 1990 et 2005.

Exposition aux hormones ovariennes

Le risque de cancer était plus faible pour les femmes dont les premières règles étaient arrivées tard (15 ans ou plus) et/ou qui étaient ménopausées tôt (47 ans ou moins). Les femmes dont la période reproductive (de la puberté à la ménopause) était inférieure à 33 ans avaient ainsi un risque diminué de 50 % environ de développer un mélanome comparé à celles ayant une durée supérieure à 39 ans.
Le risque serait donc plus faible chez les femmes moins exposées aux hormones ovariennes. Pour confirmer et comprendre ce lien, davantage d'études sont cependant nécessaires.

L'influence de l'âge à la puberté

Courbe puberte

 

L'étude E3N a montré l'influence de l'âge des premières règles dans la survenue du cancer du sein. C'est aussi le cas pour le mélanome : plus les premières règles arrivent tard (15 ans ou plus), plus le risque de développer un mélanome est faible. Ce résultat est à souligner dans la mesure où l'âge moyen aux premières règles a diminué de plus de trois ans en deux siècles. Cette diminution est attribuée à l'amélioration de l'alimentation, et donc à l'augmentation de la vitesse de croissance des enfants en taille et en poids. En effet, on sait que la puberté ne se déclenche qu'au-delà d'une certaine masse grasse (productrice de leptine qui active les neurones commandant le fonctionnement ovarien).