Troubles de la ménopause : risque d'apparition et facteurs impliqués

L'équipe E3N s'est intéressée à la manifestation des troubles de la ménopause mais aussi aux facteurs impliqués dans leur apparition. L'arrêt définitif du fonctionnement ovarien qui définit la ménopause fait partie du processus de vieillissement normal, mais toutes les femmes ne ressentent pas les troubles qui peuvent intervenir à cette période, dont les plus fréquents sont les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale. Deux études ont été conduites par l'équipe E3N. La première avait pour objectif d'évaluer à quel moment apparaissent les troubles de la ménopause, la seconde d'analyser les facteurs qui favorisent leur apparition.

Chacune de ces études incluait les données de près de 30 000 femmes dont la ménopause était survenue dans la période de suivi qui s'étendait de 1990 à 2000 ; parmi elles, 16 350 avaient des données alimentaires disponibles. Des troubles de la ménopause (ou perçus comme tels par les participantes de la cohorte) ont été rapportés par près de 60 % des femmes, apparaissant en moyenne à 50,3 ans.

Un risque plus élevé lors d'une ménopause artificielle

Le risque d'apparition de troubles de la ménopause est plus élevé dans l'année suivant l'installation de la ménopause que dans l'année la précédant (risque relatif (RR = 1,22 pour une ménopause naturelle et 2,21 pour une ménopause artificielle - faisant le plus souvent suite à une ablation des deux ovaires).

Plus d'un an avant et plus d'un an après l'installation de la ménopause, les femmes ont beaucoup moins de risque de souffrir de troubles ménopausiques. Ces derniers apparaissent donc surtout l'année qui suit l'installation de la ménopause, un peu moins fréquemment l'année la précédant et beaucoup moins aux autres périodes.

En outre, l'étude montre que, l'année suivant l'installation de la ménopause, le risque d'apparition de troubles est plus élevé parmi les femmes dont la ménopause est artificielle plutôt que naturelle. Aux autres périodes, que la ménopause soit naturelle ou artificielle, le risque de voir apparaître des troubles de la ménopause est proche.

Un risque variable selon l'âge de la ménopause

L'étude montre également que plus la ménopause a lieu à un âge tardif, plus les premiers troubles se font sentir longtemps avant son installation.

Une influence confirmée pour certains facteurs

Les femmes qui ont eu au cours de leur vie des cycles menstruels irréguliers, les femmes qui ont eu plusieurs enfants et les femmes qui ont utilisé un contraceptif oral ont un risque moindre de souffrir de troubles de la ménopause, de même que les femmes ayant un indice de masse corporelle très faible (<18,5 kg/m2) ou très élevé (>30 kg/m2). L'inverse est observé chez les fumeuses, plus à risque de troubles de la ménopause que les femmes n'ayant jamais fumé.

Une fréquence un peu plus élevée de troubles ménopausiques est également observée en cas d'antécédent de dépression, de migraine, de maladie bénigne de la thyroïde et d'atopie (asthme, rhume des foins, allergie ou eczéma), en comparaison avec les femmes n'ayant pas ces antécédents. On peut penser que des mécanismes communs, impliquant des substances vaso-actives pouvant accroître le risque de troubles de la ménopause, sont à l'origine de ces résultats.

La consommation de certains aliments (crème aigre, bonbons, biscuits et alcool) et le grignotage sont également associés à une augmentation du risque de survenue de troubles de la ménopause.

Cette étude, menée sur un grand nombre de femmes, montre que l'apparition de troubles de la ménopause est affectée par divers facteurs (reproductifs, hormonaux, nutritionnels...), mais les associations semblent trop faibles pour laisser penser que des recommandations suffiront pour en diminuer la survenue.