Le régime alimentaire : un facteur de confusion sous-estimé dans l’étude de l’effet du THM

Les résultats quant à l'effet des THM sur le risque cardiovasculaire divergent selon qu'ils proviennent d'essais cliniques contrôlés (effet nul ou risque augmenté) ou d'études d'observation (diminution du risque). Cette divergence, pour le moins intrigante, a conduit l'équipe E3N à s'interroger sur les différences de régimes alimentaires entre les utilisatrices et les non-utilisatrices de THM. S'agissant des nutriments, on note, chez les utilisatrices de THM, des apports plus élevés en alcool, oméga 3, vitamine B6, vitamine B12, vitamine D et phosphore. S'agissant des aliments, on relève notamment que les utilisatrices de THM consomment plus de poisson mais moins d'œufs que les non-utilisatrices.

Jusqu'à présent, le statut nutritionnel n'avait pas été pris en compte dans les études d'observation portant sur l'effet des THM. Cette omission pourrait contribuer à expliquer la divergence observée dans la littérature.

On savait que l'utilisation d'un THM était associée à un niveau socioéconomique plus élevé, à une corpulence plus mince et à un meilleur suivi médical. Il s'avère que les utilisatrices de THM ont aussi des apports nutritionnels différents, susceptibles d'intervenir sur le risque cardio-vasculaire. Les prochaines études de l'effet des THM sur le risque de maladies pour lesquelles la nutrition joue un rôle devront donc intégrer les facteurs alimentaires.