Un lien possible entre nombre de grains de beauté et cancer du sein

Juin 2014

grain beauteLes naevi mélanocytaires ("grains de beauté") sont des tumeurs bénignes de la peau résultant de la prolifération des mélanocytes épidermiques. Ils apparaissent à la naissance ou plus tard au cours de la vie et plus fréquemment chez les individus à peaux claires que chez ceux à peaux foncées. Outre des facteurs génétiques, l'exposition au soleil durant l'enfance, les coups de soleil répétés, habiter dans des régions de faibles latitudes sont des facteurs d'environnement susceptibles de jouer un rôle important dans l'acquisition de naevi. Cependant, des facteurs hormonaux pourraient également avoir une influence car des pics d'apparition de naevi ont été observés au moment de la puberté ou pendant la grossesse.

Le nombre de naevi est le facteur de risque connu le plus élevé du mélanome cutané, et une association a été suggérée entre mélanome et cancer du sein. En outre, le nombre de naevi et le risque de mélanome ont été associés à des variants du gène CDKN2A, qui joue un rôle dans la régulation du cycle cellulaire, tandis que l'inactivation de ce gène suppresseur de tumeur augmente la prédisposition à plusieurs types de cancer dont celui du sein. Le nombre de naevi a également été associé à plusieurs maladies bénignes et malignes hormono-dépendantes, dont l'endométriose, le fibrome utérin, et des maladies de la thyroïde.

Afin de déterminer si le nombre de naevi pourrait être associé au risque de tumeur maligne ou bénigne du sein, une étude a été menée à partir de la cohorte E3N.

L'étude a permis de constater que les femmes ayant de très nombreux grains de beauté avaient 13 % de plus de risque de développer un cancer du sein par rapport à celles n’en ayant pas. Une relation dose-effet a été observée entre le nombre de naevi et un risque accru d’avoir une maladie bénigne du sein ou des antécédents familiaux de cancer du sein.

Ces associations étaient toutefois limitées aux femmes non encore ménopausées. Elles doivent être confirmées par d’autres études épidémiologiques avant de pouvoir utiliser le nombre de grains de beauté comme un marqueur de risque. Mais les résultats sont déjà suffisamment convaincants pour inciter à déterminer les mécanismes biologiques sous-jacents.

Pour en savoir plus :

La brève Inserm : icone pdf

L’article scientifique : icone pdf